25 février 2011 ~ 0 Commentaire

La Possibilité d’une Capitale

Le programme définitif de Marseille-Provence 2013 sera connu à l’automne 2012. En attendant, l’association a présenté le 24 février un bilan d’étape, dévoilant quelques-uns des temps forts de l’année Capitale. « Une base de travail qui sera progressivement enrichie. » Rien de définitif, donc. Tout peut encore évoluer. Une capitale possible…

Publié par Sandro Piscopo-Reguieg le 25 février 2011
La Possibilité d’une Capitale

« Ce que je vous présente maintenant n’est pas un programme. Ce n’est même pas un pré-programme. C’est un état d’avancement des projets (…), les exemples les plus avancés. » Bernard Latarjet prévient d’emblée. La capitale européenne de la culture est toujours en chantier. Il en a quand même dévoilé les fondations, le 24 février dernier, à la Cité des arts de la rue ; au cours d’une conférence de presse XXL réunissant plus d’une centaine d’invités (journalistes, opérateurs culturels) triés sur le volet. Il fallait rassurer. Répondre aux « impatiences, inquiétudes et critiques ». Et ce, même si le travail de sélection des projets n’est pas encore achevé. L’association en a reçu plus de 2 200. Elle en retiendra autour de 600. À ce jour, à peu près 200 sont en cours de labellisation. Pour des raisons de « légèreté de présentation », on ne nous en a dévoilé qu’une trentaine, tout en précisant « qu’aucun d’entre eux n’est définitivement retenu ». Ce bilan d’étape a toutefois permis de se faire une idée un peu plus précise des contours de l’année Capitale. Elle prend forme. Autour d’un grand thème, décliné en quatre chapitres.

 

Quatre chapitres. 2013 sera largement tourné vers la Méditerranée. Fil rouge traversant toute la programmation, le thème du « Partage des midis » symbolisera « la volonté d’ouverture, de dialogue et de coopération euro-méditerranéenne ». Très concrètement, cela va se traduire par une multitude de projets réalisés en collaboration avec des artistes et structures culturelles des pays méditerranéens. Ce « grand récit » du Partage des midis sera articulé en quatre « chapitres » correspondants aux saisons : « Marseille accueille le monde » en hiver, « La cité radieuse » au printemps, « L’art prend l’air » en été et « Révélations » en automne. Chaque saison s’ouvrira par un temps fort : inauguration de nouveaux édifices, ouverture de grandes expositions, spectacles et rassemblements populaires d’envergure : « Cela permettra de relancer trois fois dans l’année la dynamique de la capitale, explique Latarjet. D’attirer tout au long de l’année des publics venus de loin, de fonder et structurer l’effort de promotion touristique internationale. » Lille, capitale européenne de la culture en 2004, avait attiré 9 millions de visiteurs. Marseille-Provence en espère 10 millions. Et pour atteindre ce chiffre, on ne compte pas seulement sur la douceur de notre climat.

 

Référence internationale. Parallèlement aux nombreux « moments d’émerveillement et d’émotion partagée », festifs et conviviaux ; auront lieu quelques « moments savants, de débat et de réflexion » du type Rencontres d’Averroès. Une trentaine d’expositions présenteront « des artistes et des œuvres classiques et contemporaines et des sujets liés à l’histoire et à l’actualité ». Globalement, c’est l’ensemble des disciplines artistiques qui sera convié à la fête. Certains événements exceptionnels imaginés pour 2013 seront appelés à être pérennisés, à l’image du nouveau festival consacré aux cinémas arabes. Le tout doit contribuer à réaliser la grande ambition de Bernard Latarjet  : concilier excellence artistique et adhésion populaire. « Nous devons faire de ce territoire, et durablement, une métropole de référence artistique internationale. Mais en même temps mobiliser, rassembler la partie la plus large de la population, savoir être proche de ceux qui n’ont pas l’accès le plus familier aux œuvres d’art et aux activités culturelles. » On compte sur l’habileté du directeur général de MP2013 pour parvenir à jouer les funambules.
Il attire enfin l’attention sur les nouveaux équipements culturels qui fleurissent sur le territoire. Représentant plus de 800 millions d’euros d’investissements (de l’État, et des collectivités territoriales), ils seront les grandes scènes des événements de 2013. Et Latarjet nous fait rêver : « Le public n’a pas encore tout à fait conscience que ce qui va sortir de terre (…) est sans équivalent en Europe, par sa densité et sa diversité ». Il cite pour exemple les 2,5 km du front de mer marseillais, du Vieux-Port à Arenc ; où le fort Saint-Jean rénové, le Mucem, le Cerem, le Silo, le nouveau Frac, et la Cité des arts de la rue constitueraient un ensemble n’ayant pas à souffrir de la comparaison avec le Guggenheim de Bilbao. Latarjet flatterait-il l’orgueil local ? L’homme est pourtant connu pour sa rigueur et son sérieux. Il est permis de le croire.

 

Incertitudes. Pendant que ces grands chantiers prennent corps, MP2013 travaille encore à la sélection des projets. Il faudra attendre la fin de l’année 2011 pour découvrir le véritable « pré-programme », « c’est-à-dire les projets assurés de leur faisabilité, calés dans les conditions de leur production et de leur réalisation, dans leurs dates, dans leurs lieux, dans leurs calendriers », explique le minutieux directeur général. Ce n’est qu’à l’automne 2012 que sera connu le programme définitif. « Trop tard ! », s’étranglent de nombreux acteurs culturels, pas certains de figurer au casting final. « Différer constamment les annonces peut mettre en danger certains projets », prévient Raphaël de Vivo, directeur du GMEM. « Si nous voulons proposer un projet conséquent, il faut qu’on sache si notre festival sera retenu comme un événement structurant avec un budget spécifique ! 2013, c’est dans moins de deux ans. » Autant dire, demain. « Il y a urgence ! », reprend Apolline Quintrand. La directrice du festival de Marseille déplore elle aussi le manque de lisibilité qu’entraîne un calendrier jugé trop tardif. Ce qui « rend la tâche des acteurs difficile dans un contexte de grande fragilité financière ». Malgré ce flou artistique, ils font tous « comme si », et préparent leurs manifestations dans l’espoir que MP2013 leur octroiera le sacro-saint « label ». Festival de Marseille, GMEM, Fiesta des suds, Marsatac… Pour ces structures reconnues, animant le paysage culturel local depuis longtemps, on ne se fait pas trop de soucis. Pour d’autres, cela risque d’être plus compliqué. Les petits, les sans-grades, les artistes anonymes. Ceux-la ne se font pas d’illusion. Ils bouillonnent. Et certains commencent déjà à parler d’un « off »…

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